
Module 1 — Les fautes qui décrédibilisent · 14 min
Les accords qui trahissent
L'accord sujet-verbe : repérer le vrai sujet
La faute d'accord est la première que repère un lecteur, parce qu'elle saute aux yeux même en diagonale. Le principe est connu — le verbe s'accorde avec son sujet — mais l'erreur vient presque toujours du même endroit : on accorde avec le mot le plus proche au lieu du vrai sujet. Dans « la liste des candidats retenus sera envoyée », le sujet est « la liste », pas « candidats » : le verbe reste au singulier. Le réflexe à installer est mécanique : posez la question « qui est-ce qui ? » juste avant le verbe, puis remplacez mentalement le groupe sujet par il, elle, ils ou elles. Trois configurations piègent particulièrement. Le sujet séparé du verbe par un complément long : « le dossier transmis par les services de la commune est incomplet ». Le sujet inversé après une tournure de tête : « ci-joint figurent les pièces demandées ». Enfin les collectifs : après « la plupart des salariés », le verbe se met au pluriel, alors qu'après « une équipe de trois personnes », le singulier s'impose.
Le participe passé : les trois cas à maîtriser
Le participe passé concentre à lui seul une grande partie des fautes des écrits professionnels, alors que trois règles suffisent au quotidien. Employé seul, comme un adjectif, il s'accorde avec le nom : « les pièces jointes », « les candidatures reçues ». Employé avec l'auxiliaire être, il s'accorde avec le sujet : « la commande est arrivée », « les stagiaires sont convoqués ». Employé avec l'auxiliaire avoir, il ne s'accorde jamais avec le sujet — c'est là que tout se joue — mais avec le complément d'objet direct, uniquement si celui-ci est placé avant le verbe. « J'ai reçu votre message » reste invariable ; « les documents que vous m'avez envoyés » prend un s, parce que « que » remplace « documents », placé devant. Le test est simple : cherchez le complément après le verbe ; s'il n'y en a pas, remontez la phrase pour voir s'il a été déplacé en avant. Cas particulier très fréquent dans les e-mails : « ci-joint » reste invariable quand il ouvre la phrase, et s'accorde quand il suit le nom.